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MYSTÉRIEUX
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— Le docteur Painchaud, de Québec, qui venait, par ordre exprès du marquis de Beauharnais, s’informer de la santé du commandant.

— Ah ! remarqua Fafard, ce n’est pas une petite marque d’attention. Et où est le docteur ?

— À l’auberge Lafrenière, et il sera bientôt, je suppose, sur la route de Québec, et de fort mauvaise humeur.

— Comment ! tu as osé refuser la porte au médecin du gouverneur général ? demanda Poulin.

— Diantre ! aussi, dit Fafard, pourquoi avoir laissé aller à la porte cet original ?

— Mes amis, répondit de Tonnancourt, si j’avais laissé pénétrer le docteur jusqu’ici, il eût voulu entrer dans la chambre du malade, et le médecin amené par DuPlessis s’y fût opposé. Cette querelle entre les deux aurait produit un vacarme capable de réveiller les morts, et vous savez que le commandant ne doit pas être éveillé en sursaut : c’est la condition de sa guérison. D’ailleurs, si j’ai commis une faute, je consens à en être puni.

— Dis donc adieu à tes beaux rêves, reprit Poulin. Ton ambition aura beau fermenter, adieu les faveurs du marquis, qui ne te pardonnera jamais cette injure.

— Je m’en moque pas mal, dit de Tonnancourt ; il y a encore du chemin au Canada pour ceux qui ont plus de confiance dans leur énergie et leur persévérance que dans les faveurs accordées aux courtisans. Mais je vous quitte pour aller demander au capitaine DuPlessis comment le commandant a passé le reste de la nuit.

— Il a du vif-argent dans les veines, murmura Poulin en regardant Fafard.

— Oui, continua celui-ci, mais il a du cœur. En refusant l’entrée au docteur Painchaud, il a