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LE MANOIR

— Non, répondit M. Hocquart d’un air farouche ; non, ce n’est pas sous mon toit que nous devons nous expliquer, mais sous la voûte du firmament.

— Vous êtes irrité, monsieur ; je me demande pourquoi. Je ne vois rien pour exciter votre colère. Mais le lieu de notre rendez-vous m’est indifférent, pourvu que vous m’accordiez une demi-heure d’entretien.

— Un temps plus court suffira, je l’espère. Trouvez-vous dans le parterre en arrière du château dès que le gouverneur sera rentré dans ses appartements.

— Il suffit, monsieur, j’y serai.

— Le ciel se montre enfin propice à mes vœux, se dit l’intendant après que DuPlessis se fut retiré ; il livre à ma vengeance le misérable auteur du coup qui m’a frappé si cruellement.

Au bout d’une heure environ, il se retira dans une chambre que M. Bégon tenait à sa disposition au château, et envoya chercher Deschesnaux. On revint l’informer que M. Deschesnaux était parti depuis une demi-heure de la maison du docteur Alavoine, avec trois personnes, dont l’une était enfermée dans une litière.

— Est-il resté quelqu’un de sa suite ? demanda M. Hocquart.

— Monsieur, répondit le domestique du docteur Alavoine, au moment où M. Deschesnaux allait partir, son serviteur, Michel Lavergne, était absent, ce qui a grandement contrarié M. Deschesnaux. Mais je viens de voir Michel occupé à seller son cheval, pour courir, sans doute, rejoindre son maître.

— Allez lui dire de venir me trouver ici de suite, ajouta M. Hocquart.

Dès que le domestique fut sorti, l’intendant se dit avec agitation :