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CHAPITRE HUITIÈME

Moisie — Rivière-aux Graines


Moisie. — La rivière Moisie. — La pêche au saumon. — Pêche à la « draft ». — Comment on seine la bouette. — Manière de pêcher avec les rets. — Étrange loi des faillites, chez les sauvages. — Le piano dans les forêts. — L’ancien Moisie. — Fabrication de l’acier. — La décadence. — Encore un espoir. — Beau voyage en goélette. — Rivière-Aux-Graines. — Sa fondation très contemporaine. — Vive la morue ! — Préparation de l’huile de foie de morue. — Un pays bien désolé. — Bon endroit pour la « réforme » scolaire. — La future cité de Saint-Victor, et son riant avenir. — La Chaloupe. — En rade de Sheldrake.


La rivière Moisie[1] dont il est aussi bon de dire tout de suite tout ce que j’en sais, prend sa source à la hauteur des terres, au grand lac « Shawnepau » (voilà une orthographe pour la confirmation de laquelle je ne donnerais pas une goutte de mon sang). Elle forme à son embouchure un havre très précieux pour les petits vaisseaux, et même pour ceux d’un certain tonnage, puisque, durant les deux jours que nous avons passés là, le Str Lord Stanley est resté amarré à l’une des deux ou trois jetées, assez sommairement construites, que l’on voit échelonnées sur la rive ouest. Les goélettes remontent facilement son cours durant un mille et quart ; les barges de pêche vont jusqu’à 18 milles. À cette distance, il y a un rapide, qui nécessite un portage de quatre milles : c’est le plus long portage de la rivière. Ce cours d’eau est le plus important de la Côte Nord pour la pêche au saumon. En nul autre, le saumon ne se prend en aussi grande quantité et d’aussi grande taille : on m’a rapporté qu’il y a

  1. Statistiques. — Population : 32 familles, 167 personnes, dont 118 communiants. Confirmés, 44. Une école suivie par 38 élèves.