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LABRADOR ET ANTICOSTI

qui possède des établissements de pêche à la Pointe-aux-Esquimaux et autres endroits du Nord[1].

La bouette dont on se sert pour prendre la morue, varie suivant les saisons : au printemps, c’est le hareng ; au mois de juin, le capelan ; et plus tard, le hareng encore et l’encornet ou squid.

On ne se contente pas d’utiliser le hareng en guise de bouette ; on le sale aussi, pour la vente ou pour la consommation.

Autrefois le maquereau abondait en ces parages ; on n’en voit plus aujourd’hui, paraît-il.

Le flétan est en grande abondance, et l’on en sale. Mais il faut tant de soins pour le conserver, qu’il ne donne guère de bénéfices, de l’avis de certains Anticostiens.

Durant l’hiver, il y a beaucoup de gibier, ce qui fournit aux habitants de nouvelles ressources pour leur subsistance.

La question scolaire était ici, en 1895, dans le pire état possible : il n’y avait pas d’école encore à la Baie-des-Anglais. Cette regrettable lacune était due surtout à la faiblesse numérique de la population. Toutefois il y a lieu d’espérer que très prochainement le petit groupe d’enfants qu’il y a là seront appelés, eux aussi, à venir quotidiennement s’abreuver aux sources de l’instruction[2]. Hélas ! il n’en a pas toujours été ainsi à la Baie-des-Anglais ! À l’époque de l’âge d’or, dont j’ai parlé, on compta jusqu’à 55 écoliers et écolières, et il y avait encore un nombre presque égal d’enfants que l’insuffisance des locaux scolaires retenait dans l’ignorance des préceptes grammaticaux !

Du reste, quand je dis qu’il n’y a pas aujourd’hui d’école à la Baie-des-Anglais, je n’entends pas signifier absolument qu’il n’y a pas de maison d’école. Il y a la maison d’école d’autrefois, dont l’on a fait la chapelle de la Mission.

  1. La situation des habitants de l’Anticosti a été considérablement modifiée, dès l’année 1896, par la vente de l’Île à un nouveau propriétaire, M. Menier. Il en sera question plus loin.
  2. En effet, dés l’année 1896, le mécanisme scolaire était remis en fonctionnement.