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LABRADOR ET ANTICOSTI

Eh bien, sur toute la côte labradorienne, en fait de communications, on en est encore à l’état de choses qui florissait dans les premières années de la colonie. Le canot durant l’été, et, durant l’hiver, le traîneau attelé de chiens, voilà quels étaient les véhicules de nos pères du dix-septième siècle ; or les gens de la Côte Nord, en général, n’en ont pas encore d’autres, fidèles bien malgré eux aux traditions des ancêtres.

Sans doute on justifie aisément la dépense des sommes énormes qu’a coûtées au gouvernement provincial la diffusion de ces facilités de communication dans les diverses régions, en disant qu’il fallait bien assurer le développement du pays en favorisant la colonisation et l’agriculture. Certes, les résultats que l’on a obtenus prouvent que l’on a bien fait d’y aller largement.

Mais il n’y a pas que l’agriculture dans un pays ! L’industrie et le commerce peuvent aussi beaucoup pour accroître sa richesse.

Eh bien, la Côte Nord ne sera jamais une contrée agricole ; mais l’industrie et le commerce y font vivre déjà une population considérable, et n’attendent que d’être favorisés, comme l’agriculture et la colonisation le sont ailleurs, pour y prendre un développement considérable, dont toute la Province bénéficierait certainement.

Qu’est-ce donc que le gouvernement provincial pourrait bien faire, pour donner à la Côte Nord sa part des deniers publics ?

Il ne saurait être question, dans le moment, d’y subventionner des lignes de chemin de fer ; et personne ne peut prévoir encore le nombre de quarts de siècle qui s’écouleront avant que l’on demande aux pouvoirs publics de concourir à l’exécution de telles entreprises sur la côte du golfe Saint-Laurent.

Ne pourrait-on pas, du moins et en attendant, donner à ces braves Labradoriens, sinon des chemins de fer, au moins des chemins de terre ? Oui, je ne vois rien de plus urgent, dans ce qui est du ressort du gouvernement de Québec, que l’exécution