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LABRADOR ET ANTICOSTI

n’eut garde de négliger l’emploi des moyens surnaturels. Je ne sais plus quel nombre de messes il fit célébrer pour obtenir les grandes faveurs qu’il désirait. Et, effectivement, lui sembla-t-il, il lui fut donné d’obtenir certains signes qu’il n’eut pas de peine à interpréter. C’était maintenant certain : le Ciel voulait que le P. Arnaud fût évêque de Chicoutimi.

Malheureusement, l’épiscopat de la Province, qui, réuni en concile à Québec, en 1878, avait reçu de Leroy une pétition en faveur du choix du P. Arnaud comme évêque de Chicoutimi, ne comprit pas ou ne voulut pas exécuter les desseins de la Providence ; il trompa le délégué apostolique, Mgr Conroy, qui était alors en notre pays dans le but de rétablir la paix chez les plus grands chicaniers, que nous sommes, de l’univers. Le Pape lui-même n’ignora pas moins la volonté de Dieu. Et le curé de Chicoutimi, M. Dominique Racine, fut choisi pour occuper le nouveau siège épiscopal.

Quelques jours après l’intronisation (7 août 1878) de l’évêque de Chicoutimi, nous étions, les prêtres du séminaire, réunis dans le salon de Mgr Racine, lorsque, à l’arrivée du courrier, le prélat reçut une carte postale qui lui était adressée par Leroy. Le maniaque y disait à Sa Grandeur qu’on n’aurait pas dû l’appeler à être évêque de Chicoutimi et faisait remarquer que Mgr Conroy, qui avait contribué à son élection, était mort soudainement le jour même de sa consécration (4 août). Pour terminer, il y avait le texte bien connu de la sainte Écriture : Qui habet aures audiendi, audiat. Cela devenait inquiétant !

L’archevêque de Québec, S. G. Mgr Taschereau, fut aussi l’objet des reproches de Leroy, pour la part qu’il avait prise a l’erreur commise au préjudice du P. Arnaud.

Leroy se dévoua désormais à l’œuvre de la réparation. Il fallait que Rome rendît au malheureux Oblat son trône épiscopal ! Toute une série de brochures, d’un genre absolument extraordinaire, fouettèrent l’opinion publique dans les intérêts de la bonne cause. Retourné en Europe, il en fit imprimer d’autres et les expédia au Canada. Croirait-on qu’il alla jusqu’à