Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Choses vues, tome II.djvu/166

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allées et venues de lumières qui semblaient des signaux. Il y avait des cris de colère. On a été au moment de fouiller la maison.

L’entrevue de Jules Favre avec Bismarck a avorté.


25 septembre. — Ce soir, Jules Claretie, accompagné d’Emmanuel des Essarts, est venu m’apporter une abeille d’or qu’il a détachée aux Tuileries du manteau impérial. Il a écrit sur l’enveloppe ce vers des Châtiments :


Envolez-vous de ce manteau !


27 septembre. — M. Victor Bois, oncle d’Alice, un des plus habiles organisateurs de la défense de Paris, vient de mourir presque subitement. Il dînait avec moi il y a trois jours.


2 octobre. — Nous avons fait le tour de Paris par le chemin de fer de ceinture. Notre circuit autour de Paris a duré trois heures. Rien de plus intéressant : Paris se démolissant lui-même pour se défendre est magnifique. Il fait de sa ruine sa barricade.

Toul et Strasbourg sont pris.


3 octobre. — Deux délégués du xie arrondissement sont venus m’offrir la candidature. J’ai refusé.

Je n’accepte pas la candidature de clocher. J’accepterais avec dévouement la candidature de la ville de Paris. Je veux le vote, non par arrondissement, mais par scrutin de liste.

J’ai été au ministère de l’instruction publique voir Mme Jules Simon en grand deuil de son vieil ami Victor Bois. Georges et Jeanne étaient dans le jardin. J’ai été jouer avec eux.

Nadar est venu ce soir me demander mes lettres pour un ballon qu’il va faire partir après-demain. Il emportera mes trois adresses : Aux Allemands, Aux Français et Aux Parisiens.

Mon adresse Aux Allemands est réaffichée partout dans Paris. On ignore par qui.


5 octobre. — Le ballon de Nadar appelé le Barbès, qui emporte mes lettres, etc., est parti ce matin ; mais, faute de vent, a dû redescendre. Il partira demain. On dit qu’il emportera Jules Favre et Gambetta.

Hier soir, le consul général des États-Unis, général Meredith Read, est venu me voir. Il a vu le général américain Burnside qui est au camp prussien. Les prussiens auraient respecté Versailles. Ils craignent d’attaquer Paris. Cela, du reste, est visible.