Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Choses vues, tome II.djvu/219

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.



Il sera transféré à Tours ou à Avignon à son choix. Toutes les promesses que Thiers m’a faites seront tenues.




1871.

J’ai un peu erré dans Paris.

La maison de la rue de Clichy, numéro 3 ou 5, où j’ai été petit enfant vers 1806, a été démolie pour faire une place.

La maison des Feuillantines, où j’étais en 1810 et 1811, a été démolie pour faire une rue.

La maison de la rue Sainte-Marguerite, 42, pension Cordier, où j’ai été élève, rhétorique et philosophie, de 1815 à 1817, a été démolie pour faire une rue.

La maison de la rue des Petits-Augustins, 18, où j’étais en 1818 et 1819, avec ma mère et mes frères, a été démolie pour faire une cour (la cour de l’École des Beaux-Arts).

La maison de la rue de Mézières, 10, où ma mère est morte, a changé d’aspect et est méconnaissable. Ma mère est morte en 1821.

La maison de la rue de Vaugirard, 92, où Charles est né en 1826, a été démolie pour faire une place.

La maison de la place Royale, 6, où j’ai habité seize ans, est défigurée. Le balcon s’est écroulé.

La maison de la rue de la Tour-d’Auvergne, 37, où j’ai habité d’octobre 1848 à décembre 1851, a perdu sa belle vue sur Paris. Elle est masquée au sud par de hautes maisons neuves.

La chapelle de la Vierge, à Saint-Sulpice, où ma mère a été enterrée et où je me suis marié, a été trouée d’un obus prussien le 13 janvier 1871.