Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Choses vues, tome II.djvu/42

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Le marquis de Raigecourt dînait samedi chez Lamartine qui lui a dit : — Je ne serai pas réélu, même à Mâcon. — Les titres de noblesse, effacés par la constitution, reparaissent dans les mœurs. Les invités au dernier bal de l’Élysée ont reçu des billets ainsi conçus : Le président de la République prie Monsieur le comte — ou Monsieur le duc ou Monsieur le marquis un tel — de venir passer la soirée, etc. On m’a remis hier ce billet de faire part : le général Oudinot, représentant du peuple, et Madame la duchesse de Reggio ont l’honneur de vous faire part du mariage de Monsieur le marquis de Reggio leur fils avec…, etc.

L’autre jour, un électeur de Bordeaux, M. Marsault, qui m’offrait une double candidature que je déclinais, m’a dit : — Au fait, vous allez rentrer à la Chambre des pairs. — Esquiros vient d’être acquitté. Proudhon se cache. On lit sur le registre d’émargement de l’Assemblée, à la case où devrait être sa signature : par procuration, Greppo. Mme Sand est mise crûment sur la scène sous le nom de Madame Consuelo dans une pièce de la Montansier intitulée : Les femmes saucialistes. Dans une pièce qu’on joue au Vaudeville une femme dit : Mon mari est cossu. — Pourquoi cette cédille ? demande Arnal. En Italie restaurations et révolutions se croisent et se mêlent. À Florence la réaction montre le dos, à Rome elle montre le poing. Les représentants ici reçoivent des avis qu’on les massacrera à domicile. Changarnier ne marche qu’entouré de deux escouades également sinistres, ceux qui le menacent et ceux qui le gardent. Le choléra décroît. M. Decazes va aux bals de l’Élysée. M. le chancelier Pasquier juge des vers à l’Académie.