Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/194

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appartient. Veuillez, je vous prie, lire ma lettre à M. Gosselin dont je connais toute la bonne grâce et lui répéter que je le prie de vouloir bien m’écrire lui-même la réponse, ce qui est même nécessaire en sa qualité de signataire du traité.

Je prendrai un parti selon ce qu’il m’écrira.

Du reste, si ces MM. fixent, d’accord avec moi dans ce cas spécial, le prix des deux volumes de poésie (nombre du traité 1832) à 9 000 fr., je suis prêt à conclure la convention nouvelle. Mais il faudrait qu’ils eussent la bonté de se hâter dans l’intérêt même de l’affaire, car il me faudra toujours bien au moins trois mois pour finir et mettre en ordre les deux volumes. — Que de peines je vous donne ! Comment vous remercier ? en vous aimant.

V.

J’écris à la hâte. S’il y a quelque chose à adoucir dans ma lettre adoucissez. Je veux les formes les meilleures[1].


Au révérend Pearce[2].


Marine-Terrace, 19 février 1854.

... Je vais faire rectifier l’édition spéciale des deux lettres et de mes autres paroles de l’exil qui se fait en ce moment... Je suis heureux, monsieur, et fier d’avoir été pour quelque chose dans votre généreuse et chrétienne pensée de combattre la peine de mort…

Faites cet écrit et ayez courage. Ceux qui sont avec l’humanité, Dieu est avec eux. Je ne comprends pas les objections bibliques contre ce grand progrès en présence du texte descendu du Sinaï : tu ne tueras point. Pas d’exception à ceci dit, et de si haut ; tout est dit ; dans ce texte il y a la fin de la guerre comme la fin de l’échafaud. Dieu s’étant réservé la naissance, se réserve aussi la mort. Tout gibet blasphème. Voilà, monsieur, du moins pour moi, et avec une irrésistible évidence, le point de vue religieux, qui, dans cette grande question humanitaire et divine, s’identifie avec le point de vue démocratique[3].

  1. Bibliothèque Nationale.
  2. Dans sa lettre à lord Palmerston (Actes et Paroles. Pendant l’exil) Victor Hugo disait qu’il ne s’était pas trouvé un pasteur pour signer la demande de recours en grâce de Tapner ; le secrétaire de lord Palmerston écrivit à Victor Hugo pour rectifier cette assertion et lui nommer les trois pasteurs qui avaient signé : MM. Pearce, Carey, Cockburn. Le premier demanda à Victor Hugo d’écrire la préface d’un pamphlet qu’il allait publier contre la peine de mort.
  3. Revue des Autographes. Octobre 1895.