Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/304

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sur Auguste, et il veut que je le lise, cet article me concernant beaucoup. Je te recommande de ne pas oublier cet envoi.

Charles me dit que tu te renfermeras strictement dans l’argent que je t’ai remis pour ton voyage et que tu ne le dépasseras pas d’un sou, mais que tu économises le plus que tu peux pour pouvoir rester à Londres quelques jours de plus que le mois. Dans ces termes-là, je n’y ferais pas d’objection. Seulement, chère amie, renferme-toi bien en effet dans ton petit budget tel que nous l’avons fixé. — Tu sais ma gêne actuelle que viennent encore augmenter les achats désirés et recommandés par Charles. — Dieu aidant nous nous en tirerons, mais le moment actuel est étroit.

Je t’embrasse, chère bonne amie ; j’embrasse ma petite Adèle bien-aimée.

Amusez-vous toutes les deux, et revenez-nous bien contentes. Remercie de ma part madame Milner Gibson de toutes ses charmantes bonnes grâces pour vous deux[1].


À Noël Parfait.


Serk, 29 mai [1859].

Je suis à Serk ; de là le retard de cette réponse, cher Parfait. Je suis dans un pays sauvage où l’affranchissement du genre humain est à peine entrevu, et où l’affranchissement des lettres est inconnu. Ceci dit, je passe à vos observations. Vous avez à la fois tort et raison pour toute Rome. L’e euphonique corrige la règle de tout, sans l’accord. On dit une femme toute nue, une porte toute grande ouverte, etc. En somme, comme toute Rome est disgracieux, je mets : Où croulait Rome entière[2].

N’y a-t-il pas des étoiles indiquant des séparations dans Booz endormie ? Vérifiez. Je n’ai point là le manuscrit. S’il y a des étoiles, mettez-en en augmentant le blanc, là où elles sont. Cher Parfait, c’est admirablement corrigé et je vous remercie. Cependant, il faudra remanier le tout (voyez l’observation au bas de la première page). Et les étoiles de Booz (si Booz est, en effet, étoilé) feront encore du recul. Veillez, je vous prie, à ce que ce recul n’entraîne aucun écroulement et aucun désastre. Plein de confiance en vous, mon cher alter ego, je donne le bon à tirer[3].

  1. Bibliothèque Nationale.
  2. Le Lion d’Androclès :

    Le noir gouffre cloaque au fond, ouvrait son arche
    Où croulait Rome entière.

  3. Le Temps, 30 juin 1903.