Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/347

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comme vous les savez faire enlèveraient cette petite fluxion qui alourdit le bas du visage, rétabliraient la ressemblance absolue avec la photographie et votre portrait serait absolument admirable. Ce n’est rien et c’est tout. Car vous, artiste supérieur, vous connaissez cette loi de l’art : achever. En une heure ou deux, vous aurez fait de lui quelque chose d’achevé. Du reste, je vous le répète, toutes vos qualités sont là : couleur, lumière, délicatesse et fermeté du burin. Je vous envoie mon plus cordial bravo.

Songez bien à ceci : en Allemagne, en Belgique, à Haïti surtout, le John Brown serait une très belle affaire. Cela me revient de toutes parts. Parlez-en à notre excellent Hetzel, quand il sera à Paris.

Soyez assez bon pour me renvoyer mon dessin bien réemballé dès que vous aurez une occasion sûre, avec le nombre d’exemplaires de la gravure, que vous pourrez me donner. Je n’ai encore qu’une épreuve d’essai. Si vous n’avez pas d’occasion plus proche, Meurice voudra peut-être bien s’en charger et viendra dans trois mois.

J’embrasse sur les deux joues ma bonne petite Julie et je serre fraternellement vos mains dans les miennes.

V. H.[1]


À Paul Meurice[2].


Mercredi 4 juillet [1860].

Merci de tous vos excellents renseignements. Je vais faire le tri dans tous ces volumes, et je vous l’écrirai. Si, dès à présent, vous étiez à temps pour comprendre dans l’envoi immédiat des livres que vous nous annoncez, les annuaires de l’Institut et du bureau des longitudes, je vous en serais bien obligé. Soyez assez bon pour dire à Michelet que dès que j’aurai son livre sur la révocation de l’Édit de Nantes, je lui écrirai. C’est un fait que j’ai étudié de mon côté, et je lirai avidement le grand livre de Michelet. Ma femme vient de faire son bazar pour les petits enfants pauvres de Guernesey. Cela a extrêmement réussi. Dites à madame Paul que son exquise petite infante a fait merveille. Et vous, que faites-vous donc en ce moment ? Quelle œuvre forte, profonde et charmante nous préparez-vous ? Je suis avide de vous applaudir comme de vous voir. — À cet automne.

  1. Maurice Clouard. — Notes sur les dessins de Victor Hugo.
  2. Inédite.