Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/465

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.



Il vous faut le million de bras, le million de cœurs, le million d’âmes. Il vous faut la grande levée des peuples. Elle viendra.

Votre ami,

Victor Hugo[1].


À Charles[2].


H.-H., vendredi 20 [novembre 1863].

J’ai reçu hier, mon Charles, cette charmante petite chose Chez Victor Hugo[3]. Je vais écrire à M. Lecanu, dis-le-lui, à M. Maxime Lalanne[4], et à MM. Cadart et Luquet[5] qui m’ont écrit une lettre vraiment très noble et honorable au dernier point pour eux. Les douze eaux-fortes de M. Lalanne ont ici le plus grand succès. Le libraire Barbet, de High-street, les a vues, et a dit à Victor qu’il allait faire venir l’ouvrage de Paris. Quant au texte, il est excellent et charmant. Je t’y ai reconnu souvent. Tu y es dans maint endroit. Il y a çà et là des mots qui sont plus qu’écrits, ils semblent dits. Mme Drouet me disait : On croit entendre parler M. Charles.

Je suis accablé de travail pour finir vite ce Shakespeare. Les jours sont très courts et je ne puis écrire à la lumière. De là d’innombrables lettres en retard. Explique cela en particulier à M. Busquet quand tu le verras. Il m’a écrit une bien bonne et bien gracieuse lettre. Je vais lui répondre. Je vois avec plaisir votre petit nuage dissipé.


(Samedi 21. Ta lettre m’arrive. J’avais commencé ceci que je t’envoie tout de même. Quant à ta lettre, je vais causer avec Victor et tu trouveras ma réponse sous cette même enveloppe.)[6].


À Maxime Lalanne.


Hauteville-House, 26 novembre 1863.
Monsieur,

La manière dont j’ai quitté Paris il y a douze ans ressemblait un peu à un naufrage ; j’en ai sauvé quelques épaves que j’ai arrangées de mon mieux

  1. Actes et Paroles. Pendant l’exil.
  2. Inédite.
  3. Chez Victor Hugo, par un passant. (Texte de Lecanu, gravures de M. Lalanne.) Enregistré dans la Bibliographie de la France du 28 novembre 1863.
  4. Maxime Lalanne, dessinateur, graveur et aquafortiste, a écrit un Traité de la gravure à l’eau-forte. La Maison de Victor Hugo à Guernesey est une suite rare de dessins pris à l’intérieur ; les œuvres de Maxime Lalanne montrent plutôt des vues de villes, des coins de parcs, de monuments.
  5. Éditeurs de Chez Victor Hugo.
  6. Bibliothèque Nationale.