Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/473

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Je vous dis ici pour M. de Lamartine ce que je voudrais que M. de Lamartine dît pour moi en pareil cas[1].


À Auguste Vacquerie[2].


H.-H. 28 février [1864].

Vous avez magnifiquement augmenté votre livre[3]. Depuis avant-hier j’oublie le mien et je vis dans le vôtre. Vous avez bien fait de réclamer dès les premières pages votre individualité, du reste tellement éclatante qu’elle ne peut être ignorée que des yeux fermés. Nos dissidences n’ôtent rien à notre harmonie. Nous vivons de la même sève, l’Art, avec des feuillages différents. Je dis de mon côté cela dans mon livre. Je le dis à propos de Shakespeare, vous le dites à propos de moi, Shakespeare le dirait à propos d’Eschyle. Je vous remercie de cette grande lecture. Votre style a des muscles d’athlète, vous convainquez, et vous vainquez. Pendant que Profils et Grimaces multiplie les éditions, Jean Baudry multiplie les représentations, et le public ému et charmé vous arrive en foule sous les deux espèces, lecteur et spectateur. Je me mêle à la foule et à l’élite pour vous aimer.

V. H.[4]


À George Sand.


Hauteville-House, 28 mars 1864.

J’apprends, madame, que vous êtes rentrée à Nohant. C’est là que mon applaudissement aime à vous aller trouver. Il est tout simple que la solitude écrive à la solitude. Dans votre magnifique triomphe de Paris, ma voix n’eût été rien, elle est toujours bien peu de chose en cet éblouissement de renommée où vous êtes ; mais il me semble que là-bas, au milieu de vos champs et de vos arbres, vous l’entendrez mieux.

J’ai de rares joies ; votre succès en est une, et des meilleures[5]. Vous donnez à notre temps une occasion d’être juste. Je vous remercie d’être

  1. Brouillon de lettre relié au Reliquat de William Shakespeare. Publié dans William Shakespeare. Historique. Édition de l’Imprimerie Nationale.
  2. Inédite.
  3. Profils et Grimaces venait d’avoir une nouvelle édition.
  4. Bibliothèque Nationale.
  5. Le Marquis de Villemer, représenté au théâtre de l’Odéon, le 29 février 1864.