Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome II.djvu/571

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de la place des Barricades à celui de nos chers enfants que tu choisis pour faire ton intérim. Recommande-lui l’économie. De notre côté, nous en ferons ici, car nous avons un déficit à combler. Je doute que mon livre puisse être fini à temps pour paraître en 1867. Je travaille à force. Arrive, chère bien-aimée.

Je vous serre tous quatre dans mes bras[1].


À Auguste Vacquerie[2].


Hauteville-House, 4 9bre [1866].

Vous êtes un maître, et tous les pas que vous faites sont de grands pas. Je n’ai appris qu’hier votre succès[3], et vous même ne saurez ma joie qu’après-demain mardi, ce mois de novembre nous joue le mauvais tour d’espacer la poste. Comme je vous l’avais prédit, vous avez vaincu, et vaincu avec d’autant plus de gloire que l’ennemi a voulu lutter. Votre œuvre magistrale en a eu aisément raison ; vous avez battu la coterie imbécile avec le grand style, la grande émotion et la grande philosophie. Tout est dans votre drame, le pathétique puissant et l’enseignement profond. Triomphez donc. Vous êtes un de ces lumineux esprits que les hautes cimes réclament et à qui les coups de foudre font fête. Là est l’impuissance de la haine, le bruit qu’elle fait s’ajoute à la gloire ; votre théâtre, cher Auguste, agrandi d’année en année par votre fier travail, sera un des rayonnements de notre siècle. Il brûlera quand seront éteints et oubliés tous ces petits grands succès du quart d’heure. Vous êtes un chef d’âmes.

Continuez, mon ami, cette hautaine et puissante marche en avant. Semez les idées et recueillez la gloire. Je suis à vous, je vous applaudis, et je vous aime.

Victor H.

Ma femme va nous arriver. Quelle excellente idée vous auriez de l’accompagner jusqu’ici, et d’apporter dans mon hiver et dans ma nuit votre lumière de triomphateur.

Tâchez ![4]

  1. Bibliothèque Nationale.
  2. Inédite.
  3. Le Fils, représenté le 30 octobre 1866, au Théâtre-Français.
  4. Bibliothèque Nationale.