Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Correspondance, tome IV.djvu/226

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À François-Victor[1].


Bruxelles, 28 juillet.

Écoute, mon Victor, je prends acte de ta promesse, tu seras près de nous à Jersey au plus tard le 5 août. D’ici là veille sur toi, cher enfant, je serai dans de mortelles inquiétudes. Je t’accorde, avec le cœur bien serré, le délai, peut-être fatal, que tu me demandes. Mais n’oublie pas que de ton côté c’est un engagement sacré pour le 5 août à Jersey.

Je n’ai pas d’argent, excepté le nécessaire pour notre voyage. Je ne veux pourtant pas te refuser tes 200 francs. Je pense que Meurice pourra te les avancer. Je les lui rembourserai dès que je serai à Jersey. Voici un mot pour lui. Vois-le[2].


À Hetzel[3].


7 7bre. Jersey.

Je voulais, excellent et cher coopérateur, vous répondre par le dernier courrier. Le box a fermé plus tôt qu’à l’ordinaire, je ne sais par quel caprice ou quel hasard jersiais, et j’ai dû retarder ma lettre.

D’abord merci, merci, merci. Emplissez-en ces quatre pages. Merci pour votre lettre si charmante et si bonne, merci pour le soin que vous prenez de mes affaires. Tout ce que vous avez fait est bien fait. Pour la petite infraction au traité, ou extension non prévue, dites, je vous prie, à M. Tarride que cela passera ainsi pour cette fois, mais qu’à l’avenir il me paraît convenable de ne plus sortir du texte du traité. C’est ainsi que se font les relations bonnes, sûres et longues. Du reste dites-lui aussi combien j’apprécie toutes ses excellentes qualités comme homme et comme éditeur.

Je suis, je l’avoue, entre nous, moins content de Labroue. Personne ici ne comprend qu’il ait fallu cinq semaines pour réimprimer ce petit livre, et cela dans le pays de la contrefaçon, dans le pays qui se vante de réimprimer de gros volumes en vingt-quatre heures. Bien entendu qu’aucun soupçon ne monte jusqu’à l’imprimeur même qui est un parfait honnête homme, mais devant ces lenteurs inexplicables auxquelles Bonaparte était si intéressé, on s’est demandé si quelque sous-ordre n’avait pas été payé et s’il n’y avait pas du Bassano dans cette affaire. On le croit même à Bruxelles. Parlez-en à M. Coppens. Le certain, c’est qu’un temps précieux a été perdu, c’est qu’ici on aurait vendu 2 000 exemplaires, et que ce qu’on manque à vendre

  1. Inédite.
  2. Bibliothèque Nationale.
  3. Inédite.