Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., En voyage, tome II.djvu/105

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À Malines le chemin de fer passe. Je suis allé le voir. Il y avait là dans la foule un pauvre cocher de coucou, picard ou normand, lequel regardait piteusement les wagons courir, traînés par la machine qui fume et qui geint. — Cela va plus vite que vos chevaux, lui dis-je. — Beau miracle ! m’a répondu cet homme. C’est poussé par une foudre. — Le mot m’a paru pittoresque et beau.

Outre les wagons, ils ont ici une espèce de voiture singulière. C’est une brouette avec un chien devant et une femme derrière. Le chien tire, la femme pousse.

Je suis toujours ici dans le plus profond incognito, ce qui me plaît beaucoup. Je viens de lire dans un journal belge que M. Victor Hugo visite en ce moment Rochefort.

Après-demain je serai à Anvers et j’aurai tes lettres. J’aurai de vos nouvelles à tous. Ce sera bien de la joie. Depuis deux jours je me retiens, car je touche à Anvers, et je brûle d’y être, mais je ne veux rien laisser derrière moi. Il y a deux Rubens admirables à Malines, et j’en vais voir d’autres à Lier et à Turnhout. Je t’embrasse, mon Adèle, ainsi que ton père et nos chers petits. Je vous aime tous. Je continue à cuire au soleil.

N’oublie pas que c’est désormais à Dunkerque, poste restante, qu’il faut m’écrire.