Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., En voyage, tome II.djvu/110

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ma bourse m’a permis de faire de ta commission. Je te rapporte une demi-douzaine de bas anglais qu’on m’a dit fort beaux. J’ai acheté aussi des chaussettes pour moi. Il paraît qu’un homme ne pourrait sous aucun prétexte faire passer une robe à la frontière. Il ne pourrait exciper de son usage personnel et la douane saisirait. C’est ce qui m’a empêché de t’acheter la robe que tu désirais.

J’ai oublié de te dire que j’ai acheté pour trente sous à Bruxelles une contrefaçon des Voix intérieures. Je suis curieux de voir si elle passera. Je me suis vu affiché partout à Bruxelles et à Anvers, et imprimé dans tous les formats.

Au moment où j’achève cette page, j’entends le carillon du grand clocher qui m’avertit de fermer cette lettre. C’est vraiment, à part cela, une musique charmante. Il faut que cette flèche si frêle en apparence ait une solidité énorme. Cela sonne ainsi nuit et jour huit fois par heure depuis trois cents ans.


6 heures du soir.

Je reviens de la poste. Pas de lettres. Je ne t’en embrasse pas moins tendrement, mon Adèle, mais tu me dédommageras à Dunkerque, n’est-ce pas ? Embrasse ton père et nos chers petits. Mille amitiés à nos amis. Je pars pour Gand.