Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., En voyage, tome II.djvu/32

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Évreux, 25 juillet.

Il m’a été impossible d’aborder Rouen. Les routes sont couvertes de gens peureux que les fêtes de juillet chassent de Paris et de gens curieux qu’elles y attirent. Après mille traverses que je te conterai et qui t’amuseront, mon pauvre ange, me voici à Évreux. Je voulais repartir ce matin pour Paris par la diligence de Cherbourg qui passe à huit heures. Mais pas une place là comme ailleurs. Je suis donc réduit aux petites voitures qui sont bien lentes, mais tu sais que j’aime cette manière de voyager qui laisse tout voir. Cependant je m’en plains aujourd’hui qu’elle retarde la joie de te voir et de t’embrasser.

J’ai trouvé déjà d’admirables choses qui me serviront beaucoup. J’en vais revoir d’autres aujourd’hui, la cathédrale et Saint-Taurins, deux merveilles. Je pense que je repartirai à quatre heures par la voiture de Rolleboise et que je serai à Paris demain samedi vers sept heures pour dîner.

À demain donc. Mille baisers.


Rennes, 7 août, jeudi, 5 h. 1/2 du matin.

Je t’écris vite quatre lignes. Je suis arrivé ici au point du jour avec les jeunes filles de Bernard qui sont charmantes de tout point. À part quelques vieilles maisons, la ville ne signifie pas grand’chose. Verneuil, Mortagne, Mayenne, Laval, sont des villes ravissantes. J’ai passé à Vitré à minuit. Dis cela à ton père ; il comprendra mes regrets.

À Saint-Brieuc, les demoiselles Bernard me quitteront. Donne de leurs bonnes nouvelles à leur père. Dis-lui que je suis son ami. Je t’écrirai de Brest où je serai demain à pareille heure.

Adieu, mon Adèle. Je t’aime. À bientôt. Écris-moi long et souvent. Tu es la joie et l’honneur de ma vie. Je baise ton beau front et tes beaux yeux.

Ici un mot pour Didine. Baise notre Toto pour moi.