Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., En voyage, tome II.djvu/36

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Nantes, 14 août.

Je suis arrivé ce matin à 3 heures à Nantes ; j’ai dormi quelques heures, puis j’ai été voir toute la ville, et me voici prêt à me coucher pour quelques heures encore et à repartir pour Tours par le bateau à vapeur demain à 6 heures du matin.

J’ai vu à Nantes beaucoup de vieilles belles maisons, la cathédrale, édifice tronqué de toutes époques, qui contient une admirable chose, le tombeau de François II. Parles-en à ton père. Le château de Nantes a dû être magnifique. Ce qui en reste est d’une grande beauté, bien féodale et bien sévère. Je suis monté au moment où le soleil se couchait sur le clocher de la cathédrale et de là j’ai vu toute la ville, les quatre bras de la Loire, l’Erdre dont les bords sont charmants, le canal, tous les vieux toits, et la prairie de Mauves. C’est beau. Pas assez de clochers pourtant. En général, la Bretagne, si pieuse, ne brille pas par les églises. Je serai à Tours samedi matin, après une nuit passée en diligence, ce qui est dur. Voilà la cinquième depuis Paris.

J’espère qu’à Tours je trouverai des lettres de toi. Voilà dix jours que je n’ai eu de tes nouvelles.

Je présume que tu n’es plus aux Roches. Je t’adresse cette lettre à Paris. Adieu. À bientôt.

Ton Victor.