Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., En voyage, tome II.djvu/49

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posé sur la ligne extrême de l’horizon. La seconde fois, près d’Eu, le soleil déclinait, le ciel était gris et plein de vapeurs diffuses, la mer emplissait l’intervalle de deux hautes collines ; je ne sais comment tombait le rayon du soleil, on eût dit un triangle d’or massif sans aucun coin sombre ; seulement un léger frissonnement moiré à la surface. Cela m’apparut subitement au haut d’une montée comme un trou éblouissant au bas du ciel terne. Figurez-vous cette vision.

Le troisième aspect, c’était cette marée montante le soir.

Mais voici une lettre sans fin, et je ne vous ai pas encore parlé de vous, cher ami. Il me semble que parler de la mer, c’est parler de nous. Est-ce que nous ne dirions pas cela et mille autres choses encore si nous étions ensemble ? Oh ! je vous voudrais ici, mon excellent ami, pour moi ; vous, mon grand peintre, pour l’océan.

Adieu. Le papier me manque ; je vous serre la main. Faites de belles choses là-bas pendant que j’en vois ici.

Victor H.