Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., En voyage, tome II.djvu/500

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


d’argent. Une lueur brillait dans l’église et découpait vivement sur la masse ténébreuse de l’abside les verrières lumineuses avec leurs fenestrages noirs. Toute la ville se taisait. Tout cela n’était ni une ville, ni une église, ni une rivière, ni de la couleur, ni de la lumière, ni de l’ombre ; c’était de la rêverie.

Je suis resté longtemps immobile, me laissant doucement pénétrer par cet ensemble inexprimable, par la sérénité du ciel, par la mélancolie de l’heure. Je ne sais ce qui se passait dans mon esprit et je ne pourrais le dire ; c’était un de ces moments ineffables où l’on sent en soi quelque chose qui s’endort et quelque chose qui s’éveille.