Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Philosophie, tome I.djvu/230

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Charles X a déchiré la page. La chambre du 7 août l’a recollée à peu près, mais voilà tout. Le livre est là, la plume est là. Qui osera écrire ?

Les hommes actuels semblent peu de chose sans doute ; cependant quiconque pense doit fixer sur l’ébullition sociale un regard attentif.

Certes, nous avons ferme confiance et ferme espoir.

Eh ! qui ne sent que, dans ce tumulte et dans cette tempête, au milieu de ce combat de tous les systèmes et de toutes les ambitions qui fait tant de fumée et tant de poussière, sous ce voile qui cache encore aux yeux la statue sociale et providentielle à peine ébauchée, derrière ce nuage de théories, de passions, de chimères qui se croisent, se heurtent et s’entre-dévorent dans l’espèce de jour brumeux qu’elles déchirent de leurs éclairs, à travers ce bruit de la parole humaine qui parle à la fois toutes les langues par toutes les bouches, sous ce violent tourbillon de choses, d’hommes et d’idées qu’on appelle le dix-neuvième siècle, quelque chose de grand s’accomplit ?

Dieu reste calme et fait son œuvre.