Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome I.djvu/235

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Quand les peuples verront, craignant leur fin prochaine,
Les astres se heurter dans leurs chemins de feu ;
Et dans le ciel, — ainsi qu’en ses salles oisives
Un hôte se promène, attendant ses convives, -
Passer et repasser l’ombre immense de Dieu.


II


Parmi les nations il luira comme un signe.
Il viendra des captifs dissiper la rançon ;
Le Seigneur l’enverra pour dévaster la vigne,
Et pour disperser la moisson.
Les peuples ne sauront, dans leur stupeur profonde,
Si ses mains dans quelque autre monde
Ont porté le sceptre ou les fers ;
Et dans leurs chants de deuil et leurs hymnes de fête,
Ils se demanderont si les feux de sa tête
Sont des rayons ou des éclairs.


Tantôt ses traits au ciel emprunteront leurs charmes ;
Tel qu’un ange, vêtu de radieuses armes,
Tout son corps brillera de reflets éclatants,
Et ses yeux souriront, baignés de douces larmes,
Comme la jeune aurore au front du beau printemps.


Tantôt, hideux amant de la nuit solitaire,
Noir dragon, déployant l’aile aux ongles de fer,
Pâle, et s’épouvantant de son propre mystère,
Du sein profané de la terre
Ses pas feront monter les vapeurs de l’enfer.


La nature entendra sa voix miraculeuse.
Son souffle emportera les cités aux déserts ;
Il guidera des vents la course nébuleuse ;