Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome I.djvu/253

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Au vallon de Cherizy


Je suis devenu voyageur… et j’ai cherché qui s’affligerait avec moi, et nul n’est venu.

Permets à mes pas de suivre ta trace.


Le voyageur s’assied sous votre ombre immobile,
Beau vallon ; triste et seul, il contemple en rêvant
L’oiseau qui fuit l’oiseau, l’eau que souille un reptile,
Et le jonc qu’agite le vent.


Hélas ! l’homme fuit l’homme ; et souvent avant l’âge
Dans un cœur noble et pur se glisse le malheur ;
Heureux l’humble roseau qu’alors un prompt orage
En passant brise dans sa fleur !


Cet orage, ô vallon, le voyageur l’implore.
Déjà las de sa course, il est bien loin encore
Du terme où ses maux vont finir ;
Il voit devant ses pas, seul pour se soutenir,
Aux rayons nébuleux de sa funèbre aurore,
Le grand désert de l’avenir.