Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome I.djvu/300

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Comme un murmure sort des flots.
Va, ton infortune est ta gloire !
Les fronts marqués par la victoire
Ne se couronnent pas de fleurs.
De ton sein la joie est bannie ;
Mais tu sais bien que le génie
Prélude à ses chants par des pleurs.


Comme un soc de fer, dès l’aurore,
Fouille le sol de son tranchant,
Et l’ouvre, et le sillonne encore
Aux derniers rayons du couchant,
Sur chaque heure qui t’est donnée
Revient l’infortune acharnée,
Infatigable à t’obséder ;
Mais si de son glaive de flamme
Le malheur déchire ton âme,
Ami, c’est pour la féconder !


1er novembre 1825