Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome I.djvu/336

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BALLADE SEPTIÈME.


LA MÊLÉE.


Les armées s’ébranlent, le choc est terrible, les combattants sont terribles, les blessures sont terribles, la mêlée est terrible.
Gonzalo Berceo.
La Bataille de Simancas.


Pâtre, change de route. — Au pied de ces collines
Vois onduler deux rangs d’épaisses javelines ;
Vois ces deux bataillons l’un vers l’autre marchant ;
Au signal de leurs chefs que divise la haine,
Ils se sont pour combattre arrêtés dans la plaine.
Écoute ces clameurs… tu frémis : c’est leur chant !

« Accourez tous, oiseaux de proie,
Aigles, hiboux, vautours, corbeaux !
Volez ! volez tous pleins de joie
À ces champs comme à des tombeaux !
Que l’ennemi sous notre glaive
Tombe avec le jour qui s’achève !
Les psaumes du soir sont finis.
Le prêtre, qui suit leurs bannières,
Leur a dit leurs vêpres dernières,
Et le nôtre nous a bénis. »