Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome IX.djvu/338

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III

L’ÂNE PATIENCE ENTRE DANS LE DÉTAIL.


L’âne à ce qu’il disait rêva dans le silence,
Comme on suit du regard une pierre qu’on lance,
Puis ajouta :

Puis ajouta : — Serrons de près les questions.
Veux-tu que nous causions et que nous discutions ?
Soit.

Soit. Quoique le lecteur, à Sainte-Geneviève,
Trouve peu d’os à moelle et peu d’auteurs à sève ;
Quoique, à l’Escurial, où Philippe pria,
Le plafond sépulcral de la Libraria,
Couvrant dossiers, cahiers, brochures, fascicules,
Ressemble à de la nuit noyant des crépuscules ;
Quoique Oxford la savante ait, sous ses hauts châssis,
Moins de textes vivants que de centons moisis ;
Quoique le maréchal vicomte de Turenne,
Caboche de soldat brutalement sereine,
Ait jugé, pataugeant dans les in-octavos,
La Rupertine bonne à loger ses chevaux ;
Quoique l’Arsenal fasse, alors qu’on le secoue,
Tourner tant de néant sur son pupitre à roue ;
Quoique, poussant des cris de triomphe, un essaim
De corbeaux, contemplant l’institut, son voisin,
Perche à la Mazarine, et que la Vaticane
Ait des angles si noirs que le diable y ricane,
Hommes, vous êtes fiers quand vous considérez
Vos bouquins reliés, catalogués, vitrés,
Avec vos rhéteurs dieux et vos pédants principes