Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome VI.djvu/244

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Fasse parler un bloc de pierre
Dans ce coin fameux de la terre
Où Dieu brisa Napoléon,
Et, sans qu’elle-même ose y croire,
Fasse attester devant l’histoire
Le mensonge d’une victoire
Par le fantôme d’un lion ?

Oh ! qu’il tremble, au vent qui s’élève,
Sur son piédestal incertain,
Ce lion chancelant qui rêve,
Debout dans le champ du destin !
Nous repasserons dans sa plaine !
Laisse-le donc conter sa haine
Et répandre son ombre vaine
Sur tes braves ensevelis !
Quelque jour, — et je l’attends d’elle ! —
Ton aigle, à nos drapeaux fidèle,
Le soufflettera d’un coup d’aile
En s’en allant vers Austerlitz !