Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome VII.djvu/203

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Maintenant, je te l’avoue,
Je ne crois qu’au droit divin
Du cœur, de l’enfant qui joue,
Du franc rire et du bon vin.

Puisque tu me fais visite
Sous mon chaume, à Domremy,
À toi le grec, moi le scythe,
J’ouvre mon âme à demi…

Pas tout à fait. — La feuillée
Doit voiler le carrefour,
Et la porte entre-bâillée
Convient au timide amour.

J’aime, en ces bois que j’habite,
L’aurore ; et j’ai dans mon trou
Pour pareil, le cénobite,
Pour contraire, le hibou.

Une femme me fascine ;
Comme Properce, j’entends
Une flûte tibicine
Dans les branches du printemps.

J’ai pour jeu la poésie ;
J’ai pour torture un minois,
Vieux style, et la jalousie,
Ce casse-tête chinois.

Je suis fou d’une charmeuse,
De Paris venue ici,
Dont les saules de la Meuse
Sont tous amoureux aussi.