Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome VII.djvu/260

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IV


SOUVENIR DES VIEILLES GUERRES.


Pour la France et la république,
En Navarre nous nous battions.
Là parfois la balle est oblique,
Tous les rocs sont des bastions.

Notre chef, une barbe grise
Le capitaine, était tombé,
Ayant reçu près d’une église
Le coup de fusil d’un abbé.

La blessure parut malsaine.
C’était un vieux et fier garçon.
En France, à Marine-sur-Seine,
On peut voir encor sa maison.

On emporta le capitaine
Dont on sentait plier les os ;
On l’assit près d’une fontaine
D’où s’envolèrent les oiseaux.

Nous lui criâmes : — Guerre ! fête !
Forçons le camp ! prenons le fort ! —
Mais il laissa pencher sa tête,
Et nous vîmes qu’il était mort.