Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome VII.djvu/93

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IV


La nature est pleine d’amour,
Jeanne, autour de nos humbles joies ;
Et les fleurs semblent tour à tour
Se dresser pour que tu les voies.

Vive Angélique ! à bas Orgon !
L’hiver, qu’insultent nos huées,
Recule, et son profil bougon
Va s’effaçant dans les nuées.

La sérénité de nos cœurs,
Où chantent les bonheurs sans nombre,
Complète, en ces doux mois vainqueurs,
L’évanouissement de l’ombre.

Juin couvre de fleurs les sommets,
Et dit partout les mêmes choses ;
Mais est-ce qu’on se plaint jamais
De la prolixité des roses ?

L’hirondelle, sur ton front pur,
Vient si près de tes yeux fidèles,
Qu’on pourrait compter dans l’azur
Toutes les plumes de ses ailes.

Ta grâce est un rayon charmant ;
Ta jeunesse, enfantine encore,
Éclaire le bleu firmament,
Et renvoie au ciel de l’aurore.