Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome X.djvu/175

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Ma fille ! Est-il possible !


Le duc Gallus.

Il faudrait être inepte
pour ignorer qu’avril est le mois des amours,
que la douceur des nuits suit la beauté des jours,
qu’un souffle est dans les bois, qu’il faut que tout renaisse,
que c’est la volonté de Dieu que la jeunesse
sente la pression amoureuse du ciel,
qu’avoir vingt ans oblige, et qu’il est naturel
qu’un baiser, envié par les nids du burg sombre,
tombe sur le bras blanc qu’on entrevoit dans l’ombre.
Nella, rougissante et suppliante.
Monsieur…
Le duc gallus, poursuivant. Au baron.
Moi je suis là, je passe, j’aperçois,
je viens vous informer du fait.
George, au duc.
Qui que tu sois,
ce que tu viens de dire, entends-tu, c’est l’épée,
la dague et le poignard, l’herbe de sang trempée,
sans quartier, tout de suite, et j’en fais le serment,
et regarde-moi bien en face fixement,
tu te rétracteras syllabe par syllabe !
Ton nom ?


Le duc Gallus.

Je suis Gallus, landgrave de Souabe,
le frère du feu duc régnant George premier.
L’aigle à deux têtes prend son vol sur mon cimier.
L’Allemagne n’a pas de famille plus grande.
Il salue profondément le baron.
Et, monsieur le baron d’Holburg, je vous demande