Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome X.djvu/181

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Lison.

Oui.


Harou.

J’aurai deux violons.


Lison.

Bien.


Harou.

Je vais décharger mon fumier, puis je rentre
vous prendre en ma charrette avec Thibaut, le chantre.


Lison.

Soit.


Harou.

Mamz’elle Lison…


Lison.

Dites Lisa.


Harou.

Lisa.
Vous êtes vertueuse, et c’est pour ça.


Lison.

Pour ça,
que quoi ?


Harou.

Que je vous aime et que je vous épouse.
Vous avez du bonheur, hein ? Plus d’une est jalouse.
Vous sentez bien que moi qui suis un gros fermier,
ayant acquêts et baux francs de droit coutumier,
c’est à qui m’aura. Vous, vous êtes sans famille.
être madame Harou, quel sort pour une fille !
Avoir six cents arpents de blé, trois cents de foin !
Et dire, en regardant tout le pays très loin :
c’est à moi ! Voyez-vous, vous êtes orpheline,
pas un brin d’herbe n’est à vous sur la colline,