Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome X.djvu/292

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Je ne sais pas pourquoi je m’obstine à ces rêves.
Seigneur, le laboureur creuse le sol béant,
Le pêcheur va traînant son filet sur les grèves ;
Moi, je creuse la nuit, je traîne le néant !

Dieu, nous t’interrogeons, et mieux vaudrait nous taire.
À quoi bon nos efforts, nos doutes, nos combats ?
Pourquoi sonder l’abîme ? Attendons. Le mystère
Vit en paix côte à côte avec l’homme ici-bas.

Le marin, ce jouet du sort, du vent, de l’onde,
Qui siffle en levant l’ancre et qui va s’envoler,
Laisse gronder la mer, et l’océan qui gronde
Laisse l’homme siffler.

Jersey, 18 mars 1854.