Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome X.djvu/354

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Jamais mon cœur saignant n’a fait courber ma tête ;
Mon courroux est pensif.

J’ai traversé les pleurs, les haines, les veuvages,
Ce qui mord, ce qui nuit ;
Noir rocher, j’ai connu tous les âpres visages
Du deuil et de la nuit.

J’ai lutté ; j’ai subi la sinistre merveille
Des abîmes mouvants ;
Et jamais on ne vit dispersion pareille
D’une âme à tous les vents.

Je suis presque prophète et je suis presque apôtre ;
Je dis : c’est bien ! Allons !
Mais je ne voudrais pas de mon sort pour un autre,
Ô fauves aquilons !