Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIII.djvu/161

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Ô toi d'où me vient ma pensée,
Sois fière devant le Seigneur!
Relève ta tête abaissée,
O toi d'où me vient mon bonheur!

Quand je traverse cette lieue
Qui nous sépare au sein des nuits,
Ta patrie étoilée et bleue
Rayonne à mes yeux éblouis!

C'est l'heure où cent lampes en flammes
Brillent aux célestes plafonds!
L'heure où les astres et les âmes
Échangent des regards profonds!

Je sonde alors ta destinée.
Je songe à toi, qui viens des cieux,
A toi, grande âme emprisonnée,
A toi, grand coeur mystérieux!

Noble femme, reine asservie,
Je rêve à ce sort envieux
Qui met tant d'ombre dans ta vie,
Tant de lumière dans tes yeux!

Moi, je te connais tout entière
Et je te contemple. à genoux;
Mais autour de tant de lumière,
Pourquoi tant d'ombre, ô sort jaloux?