Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIII.djvu/291

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La nuit étend son aile ;
De Profundis se mêle
A Traderidera ;
Les morts ouvrent leur bière.
Spectres, au cimetière !
Masques, à l’Opéra !

-Garçon, du punch ! — J’arrive.
Je suis le bleu convive,
L’esprit des lacs blafards,
Le nain des joncs moroses ;
Je viens baiser les roses
Après les nénuphars.

Buvez, fils et donzelles.
D’autres ont été belles,
D’autres ont été beaux.
 
Riez, joyeuses troupes.
Pour danser sur vos coupes
Je sors de leurs tombeaux.
Monte à ta chambre, apporte
Ton charbon, clos ta porte,
Allume ; c’est le soir.
Regarde dans ton bouge,
Comme un masque à l’œil rouge,
Flamber ton réchaud noir.

D’autres boivent dans l’ombre,
Toi, tu meurs ; ton œil sombre
S’éteint, ton front pâlit ;
Je suis là, je t’éclaire,
Et j’ai quitté leur verre
Pour danser sur ton lit.
Le bol s’éteint.