Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIV.djvu/13

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AVERTISSEMENT DE L’ÉDITEUR

Dans les éditions précédentes, les poésies qui composent les Années funestes ont été échelonnées de 1852 à 1870, répondant ainsi au titre même, mais à l’aide d’un classement factice. Par exemple, les vers qui ouvrent le volume sont datés dans le manuscrit : 4 juin ; nous avons pu établir qu’ils sont de 1875, l’écriture et le papier employé suffisent d’ailleurs à le démontrer ; mais comme cette poésie, sorte de préface aux Années funestes, a pour sujet l’arrivée en exil, on l’avait datée : 1852.


Les exécuteurs testamentaires agissaient selon la recommandation de Victor Hugo lui-même « dans l’esprit et la pensée qu’ils lui connaissaient ». Nous ne pouvons, nous, dans cette édition documentaire, nous permettre les mêmes libertés. Tout en conservant l’ordonnance du volume, nous avons reproduit exactement les dates du manuscrit, et, pour les poésies non datées, nous avons, comme dans Toute la Lyre, dressé un tableau approximatif d’après l’écriture ou d’après certaines particularités. Ce tableau suit la description du manuscrit.

I Testament littéraire. Actes et Paroles. Depuis l’exil.

J’ai dit à l’Océan : — Salut ! veux-tu, que j’entre,
O gouffre, en ton mystère, ô lion, dans ton antre ?
J’arrive du milieu, des. hommes asservis.
Gouffre, je ne’ sais plus au juste si je vis ;
J’ai ce cadavre en moi, la conscience humaine ;
Et je sens cette morte immense qui me mène.
Quoique tuée, elle est vivante encor pour moi.
Mais ai-je sur la face assez d’ombre et d’effroi
Pour être justicier, réponds, mer insondable ?
Je voudrais être mort pour être formidable.
Les morts dans leur prunelle ont un tel inconnu
Que le tyran frissonne ainsi q