Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIV.djvu/449

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Dans les leçons qu’il donne aux esprits==


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Dans les leçons qu’il donne aux esprits comme aux yeux
L’abîme, dont la tombe est la blême fenêtre,
N’est pas exact, précis et clàir; quoique peut-être
Il en sache aussi long qu’Ulysse -Aldrovandus
Par qui veut écouter les cieux, sont entendus;
Mais croire qu’ils vont tout dévoiler, c’est un rêve.
Jé n’imagine pas que le mystère lève .
Son capuchon sinistre au fond de l’infini
Comme un religieux du Corpus domini ;
Je doute que l’Etna, sous sa crête- fumante,
Prêche, expose, débatte, examine, argumente
Je doute que la mer où planent les autans;’ . ’
Mêle sous son écume à ses bleus habitants,
Et roulé, et dans- le tas de ses hydres confonde
Une théologie errânt dans l’eau profonde;
Sans doute l’Océan, miroir du firmament,
Est un grand syllogisme, âpre, amer, écumant ;
Chaque fois qu’il endort son flot glauque, il apaise
De l’analyse en lutte avec de la synthèse,
Mais son Verbe n’est pas le jargon d’un pédant.
Son gouffre, de clarté farouche débordant,
Jette de la logique à sa grève déserte,
Mais sans finir par donc ni commencer par certe.