Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIV.djvu/459

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Le juste de ses fers subit l’indigne poids ;
Il souffre, il saigne, il va, tout l’accable à la fois ;
Le jour est dur, la nuit est pire ;
Mais, dans ce noir sentier du ’deuil et de l’affront,
Calme, il voit resplendir au-dessus de son front
La libre mort au doux sourire.

Les pervers sont joyeux ; faux prêtres, rois méchants,
Ils ont- tous les bonheurs, la pourpre et l’or, lés chants,
Les fruits vermeils, les belles femmes ;
Ils marchent, fiers, puissants, poussant dans le chemin
A coups de pique, à coups dé fouet, le genre humain,
Noirs bouchers’ du troupeau des âmes ;

Mais, comme dernier terme au voyage qu’ils font,
S’enfonçant pas à pas dans le crime profond,
Faisant mentir Korans et Bibles,
Ils peuvent voir, au fond de l’ombre où tout s’enfuit,
Un sépulcre sur qui se croisent dans la nuit
On ne sait quels barreaux terribles.

==CXXVI