Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Poésie, tome XIV.djvu/478

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée



Sa superstition, sa crainte ou sa démence.
Donne aux noirs soupiraux, du châtiment immense.

L’antique enfer payen tombe et croule aujourd’hui ;
Il est vide ; on ne sait dans quel néant ont fui
Ses mânes au long voile et ses mégères nues ;
On n’en répare plus les blêmes avenues,
Et le prêtre en dédaigne aujourd’hui l’entretien ;
La terre maintenant croit à l’enfer chrétien ;
La foi des hommes s’est par degrés retirée
Du Tartare où s’éteint l’épouvante sacrée ;
Leur peur quitte Pluton et passe à Lucifer ;
Leur mobilité va jusqu’à changer d’enfer ;
L’abandon épaissit sa ronce parasite
Dans tous ces gouffres morts, Styx, Achéron, Cocyte ;
L’homme n’y sent plus rien d’hostile et de puni ;
Un reste de fumée au fond de l’infini
Noircit à peine encor, ces vieilles cheminées.

==CXLII