Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Roman, tome III.djvu/333

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Le livre qu’on va lire est un livre religieux.

Religieux ? à quel point de vue ?

A un certain point de vue idéal, mais absolu ; indéfini, mais inébranlable.

Qu’on nous permette d’expliquer ceci, le plus rapidement qu’il nous sera possible.

La situation d’esprit de l’auteur d’un livre importe au livre lui-même et s’y réverbère.

D’ailleurs, il n’est point mal qu’une étude de ce genre, qui a l’humanité pour objet, soit précédée d’une espèce de méditation préalable en commun avec le lecteur.

L’auteur de ce livre, il le dit ici du droit de la liberté de conscience, est étranger à toutes les religions actuellement régnantes ; et, en même temps, tout en combattant leurs abus, tout en redoutant leur côté humain qui est comme l’envers de leur côté divin, il les admet toutes et les respecte toutes.

S’il arrivait que leur côté divin finît par résorber et détruire leur côté humain, il ferait plus que les respecter, il les vénérerait.

Ces restrictions faites, l’auteur, et il le déclare hautement au seuil de ce livre douloureux, est de ceux qui croient et qui prient.

De là, dans ce livre, une grande mansuétude pour tout ce qui se rattache aux croyances. Les quelques silhouettes religieuses qui le traversent sont graves. Un évêque y apparaît et y jette une ombre vénérable ; un couvent y est entrevu. Le demi-jour qui en sort est doux.

Ceci, bien entendu, et il convient d’y insister, sans adhésion aux