Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Roman, tome IX.djvu/199

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spirale. Il partait de l’héroïsme pour arriver à l’assassinat. Il était impossible de deviner d’où lui venaient ses résolutions, parfois grandioses à force d’être monstrueuses. Il était capable de tous les inattendus horribles. Il avait la férocité épique.

De là ce surnom difforme, l’Imânus.

Le marquis de Lantenac avait confiance en sa cruauté.

Cruauté, c’était juste, l’Imânus y excellait ; mais en stratégie et en tactique il était moins supérieur, et peut-être le marquis avait-il tort d’en faire son sergent de bataille. Quoi qu’il en soit, il laissa derrière lui l’Imânus avec charge de le remplacer et de veiller à tout.

Gouge-le-Bruant, homme plus guerrier que militaire, était plus propre à égorger un clan qu’à garder une ville. Pourtant il posa des grand’gardes.

Le soir venu, comme le marquis de Lantenac, après avoir reconnu l’emplacement de la batterie projetée, s’en retournait vers Dol, tout à coup, il entendit le canon. Il regarda. Une fumée rouge s’élevait de la grande rue. Il y avait surprise, irruption, assaut ; on se battait dans la ville. Bien que difficile à étonner, il fut stupéfait. Il ne s’attendait à rien de pareil. Qui cela pouvait-il être ? Évidemment ce n’était pas Gauvain. On n’attaque pas à un contre quatre. Était-ce Léchelle ? Mais alors quelle marche forcée ! Léchelle était improbable, Gauvain impossible.

Lantenac poussa son cheval ; chemin faisant il rencontra des habitants qui s’enfuyaient ; il les questionna, ils étaient fous de peur. Ils criaient : Les bleus ! les bleus ! et quand il arriva, la situation était mauvaise.

Voici ce qui s’était passé.