Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Roman, tome IX.djvu/318

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— Et qu’il revient, dit une voix.

Et une tête blanche se dessina dans l’encadrement de pierre de l’issue secrète.

C’était le marquis.

Depuis bien des années Gauvain ne l’avait vu de si près. Il recula.

Tous ceux qui étaient là restèrent dans l’attitude où ils étaient, pétrifiés.

Le marquis avait une grosse clef à la main, il refoula d’un regard altier quelques-uns des sapeurs qui étaient devant lui, marcha droit à la porte de fer, se courba sous la voûte, et mit la clef dans la serrure. La serrure grinça, la porte s’ouvrit, on vit un gouffre de flamme. Le marquis y entra. Il y entra d’un pied ferme, la tête haute.

Tous le suivaient des yeux, frissonnants.

À peine le marquis eut-il fait quelques pas dans la salle incendiée que le parquet miné par le feu et ébranlé par son talon s’effondra derrière lui et mit entre lui et la porte un précipice. Le marquis ne tourna pas la tête et continua d’avancer. Il disparut dans la fumée.

On ne vit plus rien.

Avait-il pu aller plus loin ? Une nouvelle fondrière de feu s’était-elle ouverte sous lui ? N’avait-il réussi qu’à se perdre lui-même ? On ne pouvait rien dire. On n’avait devant soi qu’une muraille de fumée et de flamme. Le marquis était au delà, mort ou vivant.