Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Roman, tome IX.djvu/404

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glaive civil que manie le tyran, pour l’extérieur du glaive militaire que manie le despote. Elle remet sa hache à Robespierre et son épée à Bonaparte.


… Puis la révolution passa de l’état sanguin à l’état nerveux, de l’homme taureau à l’homme fantôme, de l’orateur apoplectique au dictateur pâle, de Mirabeau à Robespierre.


La révolution était en équilibre avec elle-même. Elle était à elle-même sa plénitude. Toutes les fureurs des hommes ne pouvaient augmenter d’une quantité appréciable la révolution ; toutes les pluies des nuées n’ajoutent pas une goutte d’eau à l’océan.


Ah ! tristes rois ! quels écroulements ! faire envie mène à faire pitié ! Danton épousa en secondes noces Mme Louise Gély. La famille voulut un mariage catholique. Danton, amoureux, y consentit. Il fut marié dans une chambre par un prêtre non assermenté, l’abbé de Kéravenanc, plus tard curé de Saint-Germain-des-Prés, et qui m’a souvent dit la messe en 1815, 1816, 1817, 1818, quand j’étais écolier à la pension Cordier-Decotte, rue Sainte-Marguerite.


Cette révolution de 93 qui va se perdre dans le Directoire comme le Rhin dans un marais.


Liberté, loi naturelle.

Égalité, loi sociale.

Fraternité, loi religieuse et morale.


La chute de la Bastille, ce n’est pas la démolition d’un édifice, c’est la construction d’une société.


La Révolution, c’est la civilisation en mal d’enfant.


Quel que soit leur prétexte, honte aux assassins. Anathème à tous les massacres. Tacite ne s’agenouille pas pour laver du sang sur des pavés. La conscience humaine