Page:Hugo - Œuvres complètes, Impr. nat., Théâtre, tome VI.djvu/342

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320 MILLE FRANCS DE RECOMPENSE. a joué. Il a perdu. Il s’est jeté à l’eau. On l’en a retiré. Il est en ce moment devant moi.

EDGAR MARC.

• Monsieur, c’est vrai.

LE BARON DE PUENCARRAL.

Eh bien, dites donc tout alors. Je puis tout pardonner à la sincérité. Ah ! un vice à votre âge ! Et quel vice, le jeu ! Les passions sont des filles. Des filles publiques, soit. Un vice est un vieillard. Allons, jeune homme, un bon mouvement. Jouer, c’est difficile à pardonner, mentir, c’est impossible à absoudre. Votre volonté de suicide, que je blâme, est néanmoins une preuve peut-être d’un reste de battement de cœur honnête chez vous. Monsieur Edgar Marc, dites la vérité et je vous pardonne. Je fais plus, je vous rends ma confiance, et je vous garde chez moi. La candeur de l’aveu blanchit la faute. Avouez. La mort vue de si près conseille la probité. Allons, avouez. Ces quatre mille francs, vous ne les avez pas perdus dans la rue, vous les avez perdus au jeu. EDGAR MARC.

Non, monsieur.

LE BARON DE PUENCARRAL.

Vous vous obstinez .f^

EDGAR MARC.

Je n’ai joué et perdu que quelques louis. LE BARON DE PUENCARRAL.

Un aveu ! je vous en conjure. Dites la vérité. EDGAR MARC.

Je n’ai pas perdu ces quatre mille francs au jeu. LE BARON DE PUENCARRAL.

Regardez-moi en face. Osez-vous soutenir que vous les avez perdus dans la Tuc ?

L’HUISSIER de la porte, entrant. Quelqu’un demande à parler à monsieur le baron.