Page:Hugo - Actes et paroles - volume 7.djvu/149

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Ce mot, grand effort, fait mieux que satisfaire l’amour-propre, il engage l’avenir.

Oui, un noble, puissant et généreux effort ! Et aucune bonne volonté n’est inutile à la marche de l’humanité. La somme du progrès, qu’est-ce ? le total de nos efforts.

Je suis un de ces passants qui vont partout où il y a un conseil à donner ou à recevoir, et qui s’arrêtent émus devant ces choses saintes, l’enfance, la jeunesse, l’espérance, le travail. On se sent satisfait et tranquillisé, quand on est de ceux qui s’en vont, de pouvoir, de ce point extrême de la vie, jeter au loin les yeux sur l’horizon, et dire aux hommes :

« Tout va bien. Vous êtes dans la bonne voie. Le mal est derrière vous, le bien est devant vous. Continuez. Les volontés suprêmes s’accomplissent. » ( Vive sensation.)

Messieurs, nous achevons un grand siècle.

Ce siècle a vaillamment et ardemment produit les premiers fruits de cette immense révolution qui, même lorsqu’elle sera devenue la révolution humaine, s’appellera toujours la Révolution française. ( Bravos prolongés.)

La vieille Europe est finie ; une nouvelle Europe commence.

L’Europe nouvelle sera une Europe de paix, de labeur, de concorde, de bonne volonté. Elle apprendra, elle saura. Elle marchera à ce but superbe : l’homme sachant ce qu’il veut, l’homme voulant ce qu’il peut. ( Applaudissements.)

Nous ne ferons entendre que des paroles de conciliation. Nous sommes les ennemis du massacre qui est dans la guerre, de l’échafaud qui est dans la pénalité, de l’enfer qui est dans le dogme ; mais notre haine ne va pas jusqu’aux hommes. Nous plaignons le soldat, nous plaignons le juge, nous plaignons le prêtre. Grâce au glorieux drapeau du 14 juillet, le soldat est désormais hors de notre inquiétude, car il est réservé aux seules guerres nationales ; on ne ment pas au drapeau. Notre pitié reste sur le prêtre et sur le juge. Qu’ils nous fassent la guerre, nous leur offrons