Page:Hugo - La Fin de Satan, 1886.djvu/35

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Soudain le bruit cessa. Le vent ploya son aile.
Sur le plus haut sommet où l’on pouvait monter
La vague énorme enfin venait de s’arrêter,
Car l’élément connaît son mystère et sa règle.
Le dernier flot avait noyé le dernier aigle.
On n’apercevait plus dans l’espace aplani
Que l’eau qui se taisait dans l’ombre, ayant fini.
Le silence emplissait la lugubre étendue.
La terre, sphère d’eau dans le ciel suspendue,
Sans cri, sans mouvement, sans voix, sans jour, sans bruit,
N’était plus qu’une larme immense dans la nuit.


III

Dans ce moment-là, tout étant dans l’insondable,
Un fantôme apparut sur l’onde formidable.
Ce géant était trombe, ouragan et torrent.
Des hydres se tordaient dans son œil transparent ;
Il semblait encor plein de la tempête enfuie ;
Sa face d’eau tremblait sous ses cheveux de pluie ;
Et voici ce que l’ombre effarée entendit :


Le géant se tourna vers le gouffre maudit,