Page:Hugo - Les Misérables Tome II (1890).djvu/382

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.




IX


UN SIÈCLE SOUS UNE GUIMPE


Puisque nous sommes en train de détails sur ce qu’était autrefois le couvent du Petit-Picpus et que nous avons osé ouvrir une fenêtre sur ce discret asile, que le lecteur nous permette encore une petite digression, étrangère au fond de ce livre, mais caractéristique et utile en ce qu’elle fait comprendre que le cloître lui-même a ses figures originales.

Il y avait dans le petit couvent une centenaire qui venait de l’abbaye de Fontevrault. Avant la révolution elle avait même été du monde. Elle parlait beaucoup de Mr de Miromesnil, garde des sceaux sous Louis XVI, et d’une présidente Duplat qu’elle avait beaucoup connue. C’était son plaisir et sa vanité de ramener ces deux noms à tout propos. Elle disait merveilles de l’abbaye de Fontevrault, que c’était comme une ville, et qu’il y avait des rues dans le monastère.

Elle parlait avec un parler picard qui égayait les pensionnaires. Tous les ans, elle renouvelait solennellement ses vœux, et, au moment de faire serment, elle disait au prêtre :